Garmin CIRQA : précision Hyrox solide, nage en eau libre catastrophique

Le Garmin CIRQA est un capteur optique sans écran porté sur le biceps, vendu 199 dollars, et il fait parler de lui depuis son lancement en 2026. Les résultats de tests publiés par The5kRunner dressent un portrait contrasté : excellent sur Hyrox, clairement insuffisant en eau libre. C'est rarement aussi tranché, et c'est précisément pour ça que c'est intéressant à analyser.
Ce que le CIRQA fait bien : Hyrox et cardio en salle
Lors d'une simulation Hyrox en salle contre le WHOOP MG, l'Amazfit Balance 3 et le Fitbit Air, le CIRQA a terminé dans le premier groupe. Il s'est aligné à moins d'un battement par minute sur les trois concurrents, et a fait mieux que le Garmin HRM 600 sur ce même test. C'est notable parce que le HRM 600 est une ceinture cardiaque basée sur des impulsions électriques, donc réputée plus fiable pour les efforts intenses avec mouvements de bras. Que le CIRQA, capteur optique PPG placé sur le biceps, le batte sur cet exercice précis, c'est pas anodin. Le placement biceps joue un rôle ici : on échappe aux artefacts de mouvement du poignet, et les variations de volume sanguin sont lues dans une zone moins perturbée par les flexions de poignet qu'on a sur un SkiErg ou des Farmer's Carries.
Sur des usages quotidiens comme le suivi de récupération ou le port toute la journée, le CIRQA soulage aussi le poignet dominant. The5kRunner l'a adopté sur le biceps droit après des défaillances répétées du Polar Sense, ce qui lui a libéré un slot poignet pour tester d'autres montres. Pour un athlète qui cumule plusieurs wearables ou qui veut éviter de porter une Forerunner 970 16 heures par jour, c'est une logique qui tient.
Eau libre : le capteur optique au poignet, c'est compliqué, sur le biceps aussi
La natation en eau libre, c'est là que le CIRQA s'est planté. Porté au poignet contre l'Apple Watch Ultra 3, le Polar Sense et le WHOOP MG, il a sous-estimé la fréquence cardiaque de 20 à 30 bpm. C'est pas une légère dérive : c'est inutilisable pour piloter un effort ou analyser une séance. Le capteur optique PPG lit les variations de volume sanguin via lumière réfléchie, et en eau froide ou agitée, la vasoconstriction périphérique combinée aux micro-mouvements de la nage rend la lecture instable. C'est un problème structurel du PPG en conditions aquatiques, pas un bug logiciel qu'un firmware peut corriger. Le Polar Sense et l'Apple Watch Ultra 3 se sont mieux comportés sur ce test spécifique, même si aucun capteur optique ne rivalise avec une ceinture cardiaque en nage sur ce plan.
Pour un triathlète qui cherche une donnée cardiaque fiable sur le segment natation, le CIRQA ne peut pas être la solution principale en l'état. La ceinture reste obligatoire pour l'eau libre, et c'est pas une surprise, mais ça limite sérieusement le profil d'usage de cet appareil pour les Ironman ou les XTerra.
Ventes, positionnement et ce qui manque
Commerciallement, le CIRQA cartonne. Garmin a posté un Q2 2026 record à 2,02 milliards de dollars de chiffre d'affaires, le segment Fitness en hausse de 25%, et le CIRQA figure parmi les deux principaux moteurs stratégiques du trimestre avec le rachat de TrainingPeaks. Le produit est en rupture de stock. Ça dit quelque chose sur l'appétit du marché pour un capteur discret, sans écran, qui complète une montre GPS plutôt que de la remplacer. Le positionnement à 199 dollars se justifie face au WHOOP MG sur abonnement (environ 239 dollars par an après achat de l'appareil), mais il faut être clair : le CIRQA ne produit pas de données d'entraînement autonomes utilisables sans une montre Garmin ou l'appli Connect.
Ce qui déçoit, c'est justement l'écosystème cycliste. The5kRunner note que les utilisateurs Garmin Edge sont le segment le plus mal servi par le CIRQA. Un cycliste qui porte déjà un Edge 1050 n'a pas de montre Garmin au poignet, et le CIRQA pourrait logiquement transmettre les données cardiaques en ANT+ ou Bluetooth directement au compteur. Si cette intégration existe mais reste sous-exploitée, c'est une occasion ratée. Sur les 800 kilomètres de vélo en sortie longue où on ne veut pas d'une montre qui gratte sous un manchon de compression, un capteur biceps propre et silencieux serait idéal. Techniquement faisable. Pas encore pleinement résolu.
L'autre point noir, c'est le capteur optique lui-même : le CIRQA embarque l'Elevate 4.1 et non le Gen 5, un choix discuté dans notre article dédié ([voir ici](/fr/articles/garmin-elevate-4-1-deux-capteurs-des-compromis-a-venir-2026-08-07)). Sur les tests à haute intensité avec changements brusques, ça peut créer des délais de réponse que le Gen 5 gère mieux. Pas rédhibitoire sur la durée, mais perceptible sur les intervalles courts.
Le verdict est simple. Le CIRQA est un bon achat à 199 dollars pour le coureur, le CrossFitter ou l'athlète Hyrox qui veut un capteur biceps fiable sans abonnement, compatible avec son écosystème Garmin existant. Pour le triathlète, c'est utile sur vélo et course, mais inutile en nage. Face au WHOOP MG, il gagne sur le prix et perd sur l'intégration recovery si on est déjà dans l'écosystème Whoop. Pas parfait. Mais solide pour ce qu'il cible.
Montres mentionnées
Comparatifs
Guides d'achat


