New York 2026 : Kipruto face à une densité rare
Le marathon de New York 2026 réunit Benson Kipruto, tenant du titre, et une densité qui sort du lot : Running Magazine compte 14 engagés avec un record sous 2 h 06. Sur le parcours vallonné des cinq boroughs, la course ne se gagne pas au tableau des records mais à la capacité à encaisser les relances. Kipruto revient après son sprint victorieux de 2025, remporté en 2 h 08 min 09 s avec trois centièmes sur Alexander Mutiso. Le Kényan avait alors signé le triplé Boston, Chicago et New York.
Les chronos ne suffiront pas
Deresa Geleta arrive avec le plus gros CV chronométrique du plateau : 2 h 02 min 38 en 2024, puis 2 h 03 min 51 à Tokyo en 2025 et 2 h 03 min 23 pour sa sixième place à Londres cette année, selon Running Magazine. Ce sera sa première course en Amérique du Nord. CyBrian Kotut, crédité de 2 h 03 min 22 à Berlin en 2024, complète le haut de l'affiche, même si ses deux dernières sorties se sont soldées par des abandons. À New York, ce détail pèse lourd : une course tactique ne pardonne pas une journée sans jambes.
La bataille américaine aura aussi du relief. Conner Mantz possède le record national avec 2 h 04 min 43 réalisés à Chicago en 2025. Zouhair Talbi a déjà couru plus vite, 2 h 03 min 45 à Boston en avril, mais ce chrono ne peut pas servir de record puisque le tracé n'est pas homologable. On surveillera ce duel plus que la chasse au temps. Face à eux, Abdi Nageeye détient le record néerlandais en 2 h 04 min 20, mais sort d'un abandon à New York en 2025 et d'une 21e place à Boston en 2026. Peter Lynch et Haftu Strintzos apportent les records irlandais et océanien.
Almgren, l'inconnue la plus excitante
Andreas Almgren est le débutant que tout le monde attend. Le Suédois a porté le record d'Europe du semi-marathon à 58 min 06 le 20 septembre à Copenhague, moins de deux mois avant son passage sur 42,2 km. Il avait déjà gagné le 10 km de Valence en janvier en 26 min 45, autre record d'Europe cette saison. Son moteur est énorme. Mais un marathon n'est pas un semi prolongé, encore moins à New York : gestion des ravitaillements, descentes, ponts, fatigue musculaire et lecture de course feront le tri.
Deux autres premiers marathons méritent l'attention. Patrick Kiprop, 26 ans, a couru le semi de Houston en 59 min 14 et a enchaîné trois victoires sur 10 km prestigieux, dont le B.A.A. 10K de Boston. Ahmed Muhumed arrive après une 13e place aux Mondiaux de course sur route au Danemark en 1 h 00 min 15, deuxième Américain derrière Mantz. Pour les athlètes d'endurance, c'est le rappel classique : une grosse vitesse sur 10 km ou semi ouvre la porte du marathon, elle ne garantit rien une fois la course cassée par les changements d'allure.
Ce qui manque ? Un favori évident et des repères récents solides pour plusieurs têtes d'affiche. Kotut reste sur deux abandons, Nageeye sur des résultats difficiles, et Almgren n'a aucune référence sur marathon. Running Magazine juge aussi très improbable un record personnel sur ce parcours. Les amateurs de chrono pur risquent donc d'être frustrés. Pour analyser la cadence et l'économie quand la distance s'allonge, on peut relire [les données du marathon de Crippa](/fr/articles/crippa-151-bpm-de-moyenne-sur-2-h-06-2026-11-03) : New York demandera encore autre chose.
Verdict : Kipruto est le repère, Geleta le danger au palmarès et Almgren le pari le plus fascinant. Face aux marathons rapides, New York reste une course de résistance et de décisions. Pas parfaite pour un record. Parfaite pour une vraie bagarre.


