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SuuntoPlus passe 40 apps : la plateforme tient-elle la route ?

SuuntoPlus passe 40 apps : la plateforme tient-elle la route ?

Trois mois après l'ouverture de SuuntoPlus à tous les développeurs, le store affiche plus de 40 applications communautaires. C'est un cap symbolique important pour Suunto, qui tentait depuis longtemps de convaincre les développeurs tiers de miser sur son écosystème. La question qu'on se pose directement : est-ce que ça change vraiment quelque chose pour l'athlète qui chausse des Suunto Race 2 ou un Vertical au poignet ?

Ce que proposent concrètement ces 40 apps

Le catalogue couvre globalement trois familles : les apps d'analyse de course (allure, puissance, dynamique de foulée), les outils de récupération (calcul de charge, fenêtres HRV), et quelques apps de navigation et de course multi-sport. On trouve notamment des outils qui exploitent les données PPG du capteur optique de Suunto pour estimer la variabilité cardiaque au poignet, et d'autres qui croisent les données GPS satellite avec l'altimètre barométrique pour produire des profils d'élévation plus précis sur des sorties longues. Les développeurs peuvent accéder aux flux de données en temps réel via l'API SuuntoPlus, ce qui permet des affichages personnalisés sur la montre pendant l'effort, pas seulement en post-analyse.

La qualité est inégale, soyons honnêtes. Sur 40 apps, une vingtaine sont réellement utilisables en conditions d'entraînement. Les autres sont soit trop expérimentales, soit des doublons d'une fonctionnalité déjà native dans le firmware Suunto. C'est le problème classique des stores ouverts : le volume masque la qualité. Garmin Connect IQ a mis plusieurs années à atteindre une maturité correcte, et le store comptait encore beaucoup de déchets à 500 apps.

Comparaison directe avec Garmin Connect IQ et Apple Watch

Garmin Connect IQ reste l'étalon du secteur pour les montres sport. Le store tourne autour de 3 500 apps et widgets en 2026, avec des outils comme Stryd Footpod, des champs de données puissance vélo compatibles Bluetooth et ANT+, ou des widgets récupération qui dialoguent avec des plateformes tierces. La profondeur d'intégration est sans comparaison. Coros, de son côté, reste fermé : pas de store tiers, tout est propriétaire, et ça ressemble à un choix assumé plutôt qu'à un retard.

Apple Watch joue dans une autre catégorie. L'App Store watchOS propose des milliers d'apps, mais la montre n'est pas conçue en priorité pour l'athlète d'endurance, même si l'Ultra 3 s'en approche. Les apps sportives sur Apple Watch souffrent de limites hardware : la gestion autonomie/GPS reste tendue sur des sorties de plus de 6 heures, et le capteur optique PPG, bien que précis pour la fréquence cardiaque au repos, perd en fiabilité au-dessus de 170 bpm en course avec mouvement de poignet important. SuuntoPlus se positionne entre ces deux mondes, avec un hardware taillé pour l'endurance et un écosystème logiciel encore jeune.

Pour l'athlète qui fait du triathlon longue distance ou des courses de montagne, les apps SuuntoPlus les plus intéressantes sont celles qui exploitent le couple altimètre barométrique + GPS pour affiner la gestion d'effort sur dénivelé. Quelques outils de type "pacing dénivelé" commencent à émerger, analogues à ce que propose Garmin avec son ClimbPro mais construits par la communauté avec des algorithmes différents. En cyclisme, les apps de données puissance externe (pour afficher les métriques d'un capteur Bluetooth) fonctionnent correctement, même si la latence d'affichage reste un poil derrière ce qu'on observe sur une Garmin Forerunner 970 ou une Polar Vantage V4.

En récupération, certaines apps SuuntoPlus tentent de calculer une charge de récupération en s'appuyant sur les données HRV mesurées par PPG la nuit. C'est utile. Mais Whoop reste plus précis sur ce terrain parce que la ceinture dédiée mesure en continu avec un capteur PPG multi-longueurs d'onde et que l'algorithme est affiné sur des millions d'utilisateurs. Une montre sport fait de la récupération en complément, Whoop en fait son coeur de métier.

Ce qui manque et ce qui déçoit

La principale limite de SuuntoPlus aujourd'hui, c'est l'absence d'un système de notation fiable et d'une curation éditoriale. On ne sait pas facilement quelles apps sont maintenues, lesquelles sont abandonnées après deux mises à jour, lesquelles ont été testées sur plusieurs modèles de montres Suunto (Race 2, Vertical, Wing). Garmin a mis en place des badges de certification et un système de commentaires qui, bien qu'imparfait, aide à trier. Apple fait de la curation éditoriale active. Suunto n'a pas encore ce niveau de maturité plateforme. L'autre point faible : la documentation développeur est encore incomplète sur certains protocoles de communication Bluetooth, ce qui freine les développeurs les plus ambitieux.

SuuntoPlus à 40 apps en trois mois, c'est un démarrage correct, pas spectaculaire. Pour les utilisateurs Suunto déjà convaincus par le hardware, ça apporte une couche de personnalisation bienvenue. Pour quelqu'un qui hésite entre une Suunto Race 2 (autour de 500 euros) et une Garmin Forerunner 970 (autour de 650 euros) ou une Coros Apex 3 Pro (autour de 480 euros), l'écosystème applicatif seul ne suffit pas encore à faire pencher la balance. C'est une plateforme à surveiller, pas encore à choisir pour ses apps.

Montres mentionnées

garminsuuntoapple-watchrunningrunner
Source : The5kRunner

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