Amazfit Balance 3 et Helio Strap Pro : test HYROX, sueur et partenariat LVMH

Amazfit frappe sur plusieurs fronts en même temps. Un fonds soutenu par LVMH vient de prendre une participation significative dans HYROX, et le partenariat wearable exclusif qu'Amazfit détient jusqu'en 2029 prend soudainement une autre dimension commerciale. Pendant ce temps, les premiers tests terrain du Balance 3 et du Helio Strap Pro arrivent avec des chiffres concrets. On fait le point sur ce que ça donne réellement.
Balance 3 en simulation HYROX : les chiffres bruts
Le Balance 3 a été testé sur une simulation HYROX complète aux côtés du Garmin Forerunner 970, du Whoop MG et d'un capteur de sueur hDrop. Le capteur optique PPG du Balance 3 affiche un biais de +3 bpm en moyenne, avec un incident de cadence lock identifié. C'est honnête sans être impressionnant : le Forerunner 970 reste plus stable sur ce type d'effort fragmenté (stations de force + courses courtes), et le Whoop MG, porté au biceps, limite mécaniquement les artefacts de mouvement. Un biais de 3 bpm sur une FC moyenne à 160-170 bpm reste dans la marge acceptable pour la plupart des athlètes, mais ça peut fausser le calcul de zones sur les blocs courts et intenses type SkiErg ou Wall Balls.
Le volet sudation est plus original. Le hDrop a estimé une perte liquidienne de 3,1 litres, contre une chute de poids mesurée à environ 2,5 kg sur la session. L'écart de 600 ml s'explique en partie par la consommation de boisson pendant l'effort, mais il souligne que la corrélation entre perte de sueur mesurée optiquement et perte de masse réelle n'est pas parfaite. Le Balance 3 ne fait pas de mesure de sueur lui-même : c'est le hDrop, un capteur dédié placé sur la peau, qui gère cette donnée. Ce n'est pas un défaut du Balance 3, c'est simplement utile de le préciser pour éviter la confusion sur ce que la montre seule peut faire. On en parle plus en détail dans notre [test complet Balance 3 et partenariat HYROX](/fr/articles/amazfit-x-hyrox-partenariat-exclusif-mondial-ce-que-ca-change-vraiment-2026-06-21).
Helio Strap Pro : deux modules, un positionnement difficile
Le Helio Strap Pro adopte une architecture à deux modules distincts. L'entretien avec le directeur produit Amazfit confirme la logique : un module cardio-fréquencemètre optique PPG pour le suivi continu, un second dédié à la mesure de la composition corporelle par bioimpédance. On est sur un bracelet bras, pas une montre, ce qui change la donne pour les athlètes qui veulent garder leur Garmin ou Coros au poignet et empiler les capteurs. C'est le même segment que le Whoop MG ou le Polar Verity Sense, sauf qu'Amazfit intègre ici la bioimpédance directement dans le strap.
Concrètement, la bioimpédance sur un bracelet bras reste moins précise qu'une balance à impédance ou qu'un appareil médical dédié : la corrélation avec la masse grasse réelle dépend fortement de l'hydratation au moment de la mesure. Whoop ne propose pas cette feature. Polar non plus. Garmin l'a sur certaines balances connectées, pas sur les wearables. C'est donc une différenciation réelle, à condition d'utiliser les données avec le recul qu'elles méritent. Pour un CrossFitter ou un athlète Hyrox qui suit sa recomposition corporelle sur plusieurs semaines, c'est potentiellement utile malgré les limites de précision.
Partenariat LVMH-HYROX : ce que ça change pour les données
L'entrée d'un véhicule d'investissement LVMH dans HYROX n'est pas qu'un signal financier. HYROX grossit vite : plus de 600 000 participants attendus en 2026, des formats premium qui se multiplient, une démographie d'athlètes urbains avec un fort pouvoir d'achat. Pour Amazfit, avoir l'exclusivité wearable sur cette audience jusqu'en 2029 dans un contexte de montée en puissance accélérée par des capitaux de luxe, c'est un levier de distribution et de légitimité que ni Coros ni Polar ne possèdent sur ce segment précis. Garmin reste dominant en volume global mais n'a pas signé ce type de deal de catégorie.
La vraie question pour l'athlète, c'est de savoir si l'intégration logicielle suit. Les modes HYROX dans l'app Zepp (voir notre article sur la [mise à jour Zepp 10](/fr/articles/zepp-10-hybridcharge-training-focus-et-hyrox-pour-amazfit-2026-05-29)) sont prometteurs sur le papier : détection automatique des stations, suivi par bloc, charge d'entraînement spécifique. Mais la robustesse de la détection automatique en conditions réelles reste à confirmer sur plusieurs sessions.
Ce qui manque pour l'instant : aucune donnée publiée sur la précision GPS du Balance 3 en extérieur sur les segments de course entre stations. Pour un format HYROX outdoor ou semi-outdoor, c'est un angle mort. Le Helio Strap Pro, lui, ne dispose pas de GPS intégré, ce qui le cantonne à un rôle de capteur secondaire. La latence entre les deux modules du Helio Strap Pro en entraînement fractionné n'a pas été testée publiquement : on ne sait pas encore si la synchronisation des données bioimpédance et FC en post-effort est fluide ou approximative.
Verdic net : le Balance 3 s'adresse à l'athlète HYROX ou CrossFitter qui veut une montre connectée à l'écosystème officiel de la compétition, avec une FC optique correcte sans être de référence (le [Cheetah 2 Ultra fait mieux sur les efforts haute intensité](/fr/articles/amazfit-cheetah-2-ultra-precision-cardiaque-testee-en-sprint-et-hyrox-2026-06-01)). Le Helio Strap Pro est un pari sur le multi-capteurs pour qui veut garder sa montre Garmin ou Coros et ajouter une couche de données. Ni l'un ni l'autre ne remplace une ceinture cardiaque électrique (ECG) pour la précision maximale en haute intensité, mais l'écosystème Amazfit-HYROX devient difficile à ignorer si on pratique la discipline régulièrement.
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