Sept brevets Oura, Amazfit et Samsung à surveiller

Oura, Amazfit et Samsung ont fait émerger sept brevets et demandes de brevets autour des bagues connectées, de la récupération et du suivi cardio. Le signal le plus intéressant pour les athlètes vient d’Amazfit : une méthode pensée pour que la fréquence cardiaque optique au poignet réagisse mieux aux départs d’intervalles et aux accélérations en côte. Le reste améliore surtout le confort d’usage. Utile, mais pas de quoi modifier un plan d’entraînement demain matin.
Oura vise l’autonomie et des scores plus lisibles
D’après The5kRunner, Oura a déposé en Europe un concept de bague qui récupère une petite quantité d’énergie via l’écart de température entre le doigt et l’air ambiant. L’objectif n’est pas de supprimer le chargeur. Impossible de tirer assez d’énergie d’un tel écart thermique. L’idée serait seulement de grappiller de l’autonomie entre deux recharges. Passer hypothétiquement de 14 à 15 jours ne transforme pas la vie, mais sur un tracker de sommeil porté 24 heures sur 24, chaque recharge évitée compte.
Oura explore aussi un « âge du sommeil », un score unique qui comparerait la qualité du sommeil à la norme d’une personne du même âge chronologique, à partir de plusieurs nuits de données cardiaques. C’est clair à lire, donc facile à vendre. Pour un sportif d’endurance, la vraie valeur ne serait pas l’âge affiché mais la tendance : une dérive durable peut pousser à regarder de près la charge, les voyages ou la récupération. Oura dispose enfin d’un brevet américain accordé pour une station de charge compatible avec toutes les tailles de bague. Très pratique si cela arrive. Beaucoup moins sexy qu’un nouveau score, bien plus concret au quotidien.
Amazfit attaque le point faible du cardio optique
Le brevet américain 12,773,119 d’Amazfit cherche à distinguer une vraie montée brutale de fréquence cardiaque d’un signal que l’algorithme aurait tendance à lisser. C’est exactement le problème des capteurs PPG au poignet : ils lisent les variations de volume sanguin par la lumière et peuvent prendre du retard au lancement d’un intervalle, voire se caler sur la cadence. Une ceinture, elle, mesure les impulsions électriques du cœur par ECG. Ce n’est pas la même physique, ni la même réactivité.
Si Amazfit tient sa promesse, les fractions, les relances et les côtes produiraient des données cardio et de charge plus crédibles sans ceinture. C’est un vrai sujet pour les coureurs et les pratiquants de Hyrox qui alternent efforts violents et récupérations courtes. The5kRunner précise que le brevet a été déposé en 2022 et qu’une version pourrait déjà être présente dans des montres actuelles, sans confirmation de la marque. À ce stade, on ne peut donc rien lui attribuer sur les modèles qui ont fait parler d’eux lors de [l’UTMB 2026](/fr/articles/amazfit-cheetah-2-ultra-gagne-l-utmb-2026-garmin-et-coros-dominent-le-peloton-2026-09-03).
Samsung travaille de son côté sur trois frictions réelles des bagues et montres : une courte calibration pour savoir comment une Galaxy Ring a tourné sur le doigt, une reconnaissance biométrique du porteur afin qu’une bague prêtée ne pollue pas l’historique du propriétaire, et des capteurs placés près de l’écran sous la même lentille. Cette dernière piste viserait des mesures au contact de la face de montre, comme l’ECG ou la composition corporelle. La calibration de bague paraît la plus pertinente : si l’orientation du capteur dérive, les gestes, les pas et la détection d’activité peuvent devenir moins fiables.
Ce qui manque ? Des produits, des dates et des preuves de précision. Un brevet montre une direction de recherche, pas une fonction prête à être activée. The5kRunner rappelle que la plupart n’arrivent jamais sur le marché. Le brevet Amazfit est prometteur, mais aucune mesure comparative ne permet de dire qu’il égale une ceinture ECG pendant des intervalles. Les scores d’âge d’Oura risquent aussi de réduire une récupération complexe à un chiffre séduisant. Pas parfait. Et souvent plus marketing qu’entraînement.
Verdict : Amazfit porte ici l’idée la plus utile pour les séances structurées, Oura améliore surtout l’expérience de suivi quotidien, Samsung soigne la fiabilité d’usage. À surveiller, pas à acheter sur promesse.

