Garmin atteint 15% de part mondiale : ce que les chiffres cachent

Garmin vient de passer de 11% à 15% de part de marché mondial des smartwatches en un an, selon les données Omdia. Ça place la marque américaine à égalité avec Samsung, derrière Apple qui continue de dominer avec environ 30% du marché global. C'est un bond significatif pour une marque positionnée sur le premium sport, pas sur le grand public.
Ce que les chiffres Omdia mesurent vraiment
Les données Omdia comptent les unités vendues, pas les profils d'utilisateurs. Ce n'est pas la même chose. Une Garmin Forerunner 265 à 450€ et une Galaxy Watch SE à 200€ pèsent pareil dans les statistiques de volume. Ce qu'on ne voit pas dans ce chiffre : le panier moyen de Garmin est nettement plus élevé que celui de Samsung sur ce segment. En revanche, Apple reste imbattable sur les deux tableaux, volume et valeur. Ce 15% est une réalité commerciale, mais il faut éviter d'en faire plus qu'une tendance de ventes brutes.
La progression de Garmin s'explique aussi par un contexte précis. Le marché des wearables sport a continué de croître en 2025-2026, porté par la montée en puissance des athlètes amateurs post-pandémie et par une demande croissante de suivi de santé sérieux. Coros a consolidé sa base avec des produits comme la Pace 4 Ultra, Polar reste solide sur les marchés nordiques avec la Vantage V3, mais aucun des deux n'approche les volumes de Garmin sur le segment run/tri/cycling. Whoop, de son côté, est hors comparaison directe : son modèle d'abonnement sans écran vise un profil différent.
Pourquoi Garmin progresse là où Samsung stagne
Samsung a beau avoir 15% comme Garmin, les deux marques ne jouent pas le même match. La Galaxy Watch 7 Ultra et ses successeurs misent sur l'intégration Android, la photoplethysmographie (PPG) optique au poignet pour le cardio, et des fonctions santé grand public comme la détection de fibrillation atriale. Garmin cible les athlètes qui veulent des données GPS multi-bandes précises, une autonomie de 10 à 40 jours selon les modèles, et des protocoles d'entraînement comme le Training Readiness ou le Running Dynamics Hub. Ce sont des besoins incompatibles sous le même toit, et Garmin ne cherche pas à tout faire. C'est probablement pour ça que ça marche.
Le lancement récent du [Garmin CIRQA](fr/articles/garmin-cirqa-sell-out-immediat-bugs-confirmes-et-precision-en-question-2026-08-15) illustre cette stratégie : pousser sur le segment recovery tracker pour concurrencer Whoop et Polar LOOP sur leur propre terrain, tout en gardant l'écosystème Connect comme point d'ancrage. Le CIRQA a connu un sold-out immédiat, ce qui confirme que la base d'utilisateurs Garmin est fidèle et prête à dépenser. Ça pèse dans les parts de marché.
Ce que ces statistiques ne disent pas non plus, c'est la qualité de rétention. Garmin bénéficie d'un taux de réachat élevé, notamment chez les triathlètes et les coureurs qui restent dans l'écosystème Connect pendant des années. Une Fenix achetée en 2022 génère souvent l'achat d'une [Fenix 9 ou Enduro 4](fr/articles/garmin-fenix-9-et-enduro-4-depots-reglementaires-dates-probables-2026-08-08) quelques années plus tard. Apple a cette même fidélité sur son segment, Samsung beaucoup moins.
Ce que ces parts de marché changent (ou pas) pour l'athlète
Concrètement pour quelqu'un qui s'entraîne pour un Ironman ou un Hyrox, ces chiffres de parts de marché ne changent rien à court terme. Ce qui compte : est-ce que le GPS dual-band tient ses 2 mètres de précision annoncés, est-ce que la ceinture cardiaque HRM-Pro Plus transmet correctement par impulsions électriques ANT+ et Bluetooth, est-ce que les mises à jour firmware n'introduisent pas de bugs au mauvais moment. Sur ce dernier point, [le bilan d'août 2026](fr/articles/bugs-garmin-wahoo-et-suunto-bilan-des-semaines-du-7-et-14-aout-2026-2026-08-15) n'est pas flatteur pour Garmin non plus.
Ce qui change à moyen terme : une marque qui gagne des parts de marché a plus de ressources R&D, plus de poids pour négocier des partenariats (Strava, TrainingPeaks, Zwift), et plus de légitimité pour attirer des développeurs tiers sur Connect IQ. Coros profite de la même logique à plus petite échelle. Polar, malgré une précision cardio reconnue (capteur optique H10 = référence en PPG poignet), stagne sur ses parts de marché faute de marketing agressif.
Là où ça déçoit dans l'annonce de ces chiffres, c'est le manque de granularité. Omdia ne ventile pas par segment de prix ni par usage. On ne sait pas si Garmin progresse grâce à ses montres running à 350-500€ ou grâce à ses gammes connectées plus accessibles comme la Venu 4. Ce serait pourtant l'information utile pour comprendre si Garmin conquiert de nouveaux profils ou fidélise ses anciens clients. 15% en volume global, ça peut cacher des trajectoires très différentes.
Verdic net : cette progression Garmin est réelle et méritée sur le segment sport, mais les chiffres agrégés masquent autant qu'ils révèlent. Pour un athlète d'endurance qui hésite entre Garmin, Coros et Polar en 2026, les parts de marché ne sont pas un critère de choix. L'autonomie, la précision GPS, la qualité du suivi sommeil (le [test CIRQA sur 15 nuits](fr/articles/garmin-cirqa-les-donnees-sommeil-sont-elles-fiables-apres-15-nuits-2026-08-16) le montre bien) et l'écosystème d'applications comptent infiniment plus.
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