Yomif Kejelcha court le record du monde en Amazfit Cheetah 2 Pro

Yomif Kejelcha a établi le nouveau record du monde du semi-marathon en 56:51 à Buenos Aires avec deux appareils au poignet : une Amazfit Cheetah 2 Pro au gauche, un Whoop au droit. Ce détail d'équipement est passé presque inaperçu dans la couverture médiatique de la course, mais il pose une question simple : pourquoi un athlète d'élite choisit une montre Amazfit pour battre le record du monde, et qu'est-ce que les deux trackers faisaient chacun de leur côté ?
Deux appareils, deux logiques totalement différentes
L'Amazfit Cheetah 2 Pro est une montre sport GPS orientée performance : elle enregistre le fichier d'activité, affiche la fréquence cardiaque en temps réel via capteur optique PPG (variations de volume sanguin mesurées par lumière verte), le rythme, la distance, et probablement la puissance de course. Le Whoop, lui, ne fait pas de GPS. Pas d'affichage de rythme. C'est un wearable de suivi de récupération et de charge, porté en continu, qui mesure la variabilité de fréquence cardiaque (HRV), la fréquence cardiaque au repos, la qualité du sommeil et le strain quotidien. Les deux appareils ne se font pas concurrence : ils répondent à des besoins opposés. L'un sert à documenter la performance sur le moment, l'autre à piloter la récupération sur la durée.
Le choix du Whoop en parallèle n'est pas anodin. On sait que de nombreux athlètes d'élite kényans et éthiopiens utilisent le Whoop depuis 2022-2023 dans le cadre de programmes de suivi longitudinal. Le capteur optique du Whoop tourne en continu, collecte des données de fréquence cardiaque toutes les secondes et reconstruit la HRV sur la nuit. Pendant la course, le Whoop enregistre la charge cardiaque brute (strain), une donnée que le staff peut utiliser après pour valider le niveau d'effort réel sur la séance. Ce n'est pas du GPS. Ce n't pas un outil de course. Mais c'est un outil de monitoring continu que ni la Garmin Forerunner 965 ni la Coros Pace 3 ne peuvent remplacer, parce que ces montres se portent ponctuellement.
Amazfit Cheetah 2 Pro face à la concurrence GPS
L'Amazfit Cheetah 2 Pro positionne directement face aux Garmin Forerunner 265, Polar Vantage V3 et Coros Pace 3 dans la tranche 300-400 euros. Elle embarque un GPS double fréquence L1+L5, un capteur PPG 6 axes pour la fréquence cardiaque, et un algorithme de puissance de course développé en interne. Sur la précision GPS en milieu urbain ouvert comme Buenos Aires, les tests indépendants placent l'Amazfit Cheetah 2 Pro à un niveau comparable à la Garmin Forerunner 265, avec des écarts de distance inférieurs à 0,5% sur semi-marathon en conditions favorables. La Coros Pace 3 reste légèrement plus précise en forêt ou milieu encaissé grâce à son traitement de signal, mais sur piste ou route dégagée, les différences s'effacent. Ce que l'Amazfit n'offre pas : l'écosystème Garmin Connect, la profondeur des métriques de récupération Body Battery, ou la carte topo intégrée. Pour un athlète d'élite qui court avec un staff technique et des outils externes, ça n'a aucune importance.
On peut aussi regarder le poids. La Cheetah 2 Pro annonce 29 grammes sans bracelet. La Garmin Forerunner 965 est à 53 grammes. La Coros Pace 3 à 30 grammes. Sur un semi-marathon couru à 2:42 min/km de moyenne, chaque gramme compte différemment qu'en entraînement. Le choix d'une montre aussi légère pour la compétition a du sens, indépendamment de la marque. Amazfit a [développé son segment course de haut niveau](/fr/articles/amazfit-t-rex-dual-solar-certification-confirmee-amoled-et-solaire-2026-08-15) de façon assez agressive ces deux dernières années, et la présence de la Cheetah 2 Pro au poignet du recordman du monde va clairement alimenter leur marketing.
Ce que ça dit sur l'écosystème wearable en élite
La combinaison Amazfit + Whoop illustre quelque chose d'important : les athlètes d'élite ne cherchent plus la montre qui fait tout. Ils assemblent des outils spécialisés. Le Whoop fait le suivi longitudinal mieux que n'importe quelle montre GPS, parce qu'il est toujours là, y compris sous la douche et la nuit. La montre GPS documente la séance. C'est une logique que les amateurs d'endurance commencent à adopter aussi, même si le coût d'abonnement du Whoop (environ 30 euros/mois) reste un frein. Sur ce point, des alternatives comme [Cinder sur Apple Watch](/fr/articles/cinder-l-app-apple-watch-qui-publie-ses-formules-de-recuperation-2026-08-19) essaient de proposer des scores de récupération plus transparents, avec des formules publiées, sur du matériel déjà possédé. C'est une approche différente, mais qui répond à la même demande : comprendre son état de forme entre les séances, pas seulement pendant.
Ce qu'on ne sait pas encore clairement : est-ce que le staff de Kejelcha lui a imposé ces deux appareils dans le cadre d'un protocole de recherche ou d'un partenariat, ou est-ce un choix personnel validé par l'équipe ? La question n'est pas anodine. Amazfit et Whoop ont tous les deux des programmes de partenariat avec des fédérations et des clubs d'athlétisme. Si c'est un deal marketing, ça ne change rien à la performance réalisée, mais ça change le poids qu'on doit accorder au signal.
Ce qui manque dans cette histoire, c'est accès aux données brutes. On ne sait pas quelle fréquence cardiaque maximale a enregistré la Cheetah 2 Pro pendant la course, on ne sait pas si l'algorithme PPG a bien tenu à 180+ bpm sur 57 minutes de course intense. Les capteurs optiques PPG au poignet ont des limites connues à haute fréquence cardiaque et avec le mouvement des bras en course : la Polar Vantage V3 et son capteur Precision Prime restent la référence sur ce point, devant Garmin et Amazfit. Le Whoop, lui, est réputé plus stable à effort maximal en suivi continu, mais ses données de course ne sont pas aussi exploitables qu'un fichier GPX classique.
Verdict : pour un athlète d'endurance qui veut une montre GPS légère et précise en course sans payer l'écosystème Garmin, l'Amazfit Cheetah 2 Pro est une option sérieuse entre 300 et 380 euros. Pas parfait sur la récupération intégrée, pas parfait sur l'écosystème. Mais solide sur ce qui compte en course. La vraie leçon ici n'est pas "Amazfit bat Garmin" : c'est qu'en 2026, même un recordman du monde assemble deux appareils pour couvrir performance et récupération, parce qu'aucun wearable unique ne fait les deux parfaitement.
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